>>> You will NEVER appear ON TV with such a face “s/t”

18 juin 2008 par Emmanuel You will NEVER appear ON TV with such a face “s/t”

Ep (4 titres) / Recap records / Nihilove records

Quand le meilleur de la scène Post Hardcore/Emo française (Vanilla, Waiting For Better Days et Gameness), ayant évolué au cours de la précédente décennie ou presque (la vieille garde), se réunit sous l’égide d’un nouveau groupe (à savoir: You will never appear on tv with such a face!), on se demande bien si ce nouveau projet ne va sentir quelque peu le réchauffé, sorte de réminiscence d’une musique qui aurait peut être mal vieillie, attachée à des fantasmes trop anciens pour être suffisamment fraîche aujourd’hui. Surtout que j’étais particulièrement fan de Vanilla et de Waiting,  du coup mon appréhension est d’autant plus vive.
Mais cette appréhension va vite laisser la place à une adhésion totale de ma part aux quatre titres qui figurent sur cet EP. Car derrière l’intitulé à rallonge (plutôt marrant d’ailleurs) qui sert de nom au groupe, se cache un Rock Indé tendu et fiévreux, aux riffs étirés et aux mélodies sagement teintées de l’influence des groupes de l’écurie Dischord records (Q and not U, Fugazi, Hoover…en moins agité) ayant côtoyées par ailleurs la longue tradition du Rock anglais.
Bien qu’elle se ressente particulièrement sur « That’s the way it is » et « Resist and live », cette double référence artistique prendra une tournure un brin plus Pop avec le titre « The Game ». Une Pop non convenue, fuyante, mais suffisamment accrocheuse pour nous marquer, nous bouleverser et remuer nos tripes. Le chant y joue également un rôle crucial, piloté par une voix presque monocorde, au timbre grave et gravement envoûtant, doté d’un détachement quasi martial, d’une nonchalance protocolaire, et lancée à la manière d’un Ian Curtis (chanteur de Joy Division) dont la grandeur inonde encore nos oreilles. Cette voix si caractéristique, si singulière sait également se transformer en un déluge de tension nerveuse sur « Prisoner », véritable morceau de Post Hardcore/Emo à l’ancienne (le vrai, le beau!!!) qui provoquera chez moi le doux sentiment d’une nostalgie adorable. Pourtant cet ultime morceau est certainement le plus sombre du disque, le plus malsain, le plus intense aussi, au sein duquel on retrouve pleinement l’influence Washington DC en une sorte d’apothéose musicale apocalyptique magistrale et bouleversante.
Finalement, pas tout jeune, mais toujours dans le coup!

(Emmanuel)

Contact: www.myspace.com/neverontv

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